Lorsque j'étais enfant, je pouvais passer des heures entières à me raconter des histoires en découpant des images dans des catalogues.

J'ai conservé de cette époque un goût prononcé pour les petites choses de l'existence auxquelles on prête généralement peu d'importance et qui nous échappent dans le flux quotidien.
A la manière d'un Philippe Delerm nous délectant d'une "première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules", je m'attache à arracher à l'écoulement du temps des fragments de vie pour les figer dans la durée. Quelques mots, les bribes d'une conversation, un détail prélevé sur une image, un objet dérisoire, autant de choses qui font partie de notre mémoire collective et trouvent un écho sensible chez moi, sont mis en relation pour révéler l'atmosphère d'un lieu, l'ambiance d'une scène, la fragilité d'un instant, sa nostalgie parfois aussi.

Sublimer par la couleur l'intensité d'une émotion, couche après couche, c'est bien de cela qu'il s'agit lorsque je me raconte aujourd'hui des histoires, les pinceaux dans la main.